Abordons la deuxième colonne du tableau, la dialectique.
Son origine :
Du grec dialegesthai, converser, et dialegein, trier, distinguer.
La dialectique est une méthode de raisonnement, de questionnement et d'interprétation qui regroupe divers points de vues.
C’est l'art du dialogue et de la discussion (lequel se différencie de la rhétorique qui se rapporte plutôt au discours).
C’est une technique de raisonnement qui met en parallèle une thèse et son antithèse, et qui tente de dépasser la contradiction qui en résulte au niveau d'une synthèse finale : cette forme de raisonnement trouve son expression dans le « plan dialectique » dont la structure est thèse-antithèse-synthèse. Je suppose (hypothèse), je pose (thèse), j'oppose (antithèse), je compose (synthèse).
C’est l'art d'ordonner les concepts en genres et en espèces.
C’est l'art des raisonnements qui portent sur des opinions probables (Aristote) ;
C’est l'application scientifique de la conformité à des lois, inhérente à la nature de la pensée » (Hegel).
Commençons par quelques résumer les différents points de vues de Hegel, Marx et Engels.
La dialectique d’Hegel prend en considération le processus dans lequel chaque fait considéré est apparu et non pas uniquement l’état actuel de la chose.
Son premier ouvrage important est La Phénoménologie de l'Esprit (1807), illustrant la dialectique par l'histoire concrète qui commence avec la perception et la conscience, puis, par négations successives, la conscience-de-soi enfin la conscience-pour-un autre.
Engels a étudié la philosophie de Hegel, et observant le monde du prolétariat, commença à introduire la notion de matérialisme dans la dialectique. Il devint un ami intime de Marx qui partageait ses concepts. Dès lors, toutes leurs publications ont un point de vue similaire et complémentaire; ils travaillent beaucoup et souvent ensemble.
En insérant les conditions matérielles d’existence des êtres humains dans la dialectique de Hegel, Marx en arrive à la pensée que ce sont ces conditions matérielles qui déterminent leur conscience et non la conscience qui détermine leur condition.
Oscar Ichazo reprend la définition ade la dialectique selon Marx en posant ces trois lois:
- Le changement quantitatif produisant un changement qualitatif
- La loi des opposés
- La loi de la négation de la négation.
Ces lois contredisent les lois de la logique formelle, remettant en cause l'aspect statique et intemporel, afin de définir l'identité à partir du mouvement et du changement.
Observons ces trois lois que nous propose Oscar Ichazo.
Le changement quantitatif produisant un changement qualitatif : c’est la philosophie de la révolution, basée sur le changement et l’évolution.
Nous faisons face à cette contradiction que des petits changements individuels, incapables en eux-mêmes de provoquer un changement qualitatif, finissent, à un certain point, par faire exactement cela : la quantité se change en qualité.
Toutes sortes de dictons et proverbes expriment l’idée que, sous certaines conditions, même des petites choses peuvent causer de gros changements. Par exemple : « la goutte d’eau qui fait déborder le vase », « le détail qui fait la différence », et ainsi de suite. La loi de la transformation de la quantité en qualité a dans une large mesure pénétré la conscience populaire. Pourrait-on dire, avec cette logique, qu'un acte simple et unique répété à l'infini (quantité) va produire une réalité (qualité)?
La loi des opposés : c’est la philosophie de la compétition. Si cette logique se veut fiable, alors, je l'appellerai la logique de l'espoir qui permet que tout se réalise, donc tout est possible, mais aussi la logique de "la déraison" du "j'ai raison et je veux cela", et si la loi de la compétition est une loi de survie, menée à son extrème, elle risque bien d'avoir des effets contraires!
La loi de la négation de la négation : majestueusement illustrée par cette fameuse maxime : il est interdit d’interdire. Cela pourrait être le comportement typique de l’adolescence, première entrée en compétition avec le parent. Premiers espoirs d'avoir le droit d'avoir raison, premiers espoirs de liberté totale d'action.
Selon mon point de vue, cette étape permet à la forme de la personnalité d’apparaître aux yeux de la personne. Par voie d’opposition, la jeune personne se positionne dans le monde, elle concrétise « son monde ».
La logique du temps : après avoir nommé les choses et s’être localisé dans l’espace, la personne va faire l’apprentissage du temps. C’est le début de la projection consciente, des projets à court, moyen et long terme, dans le temps. Le temps devient réalité. Il devient nécessaire à la réalisation matérielle des objectifs.
La logique de l’adolescence : c’est l’apprentissage à se distinguer par opposition, c’est l’apprentissage à la quantification du temps : « quand je serai majeur, à 18 ans, je ferai comme ça, je ne ferai pas ça,…. ». Cette logique de l'adolescence où la personne entre en compétition avec le parent, veut être plus fort, veut être meilleur, avoir raison, "sa raison".
La logique de la conquête : c’est l’apprentissage à poser de nouveau projets, c’est le rêve d’un monde différent, d’un « nouveau monde », de la conquête du pouvoir par la réalisation de ses propres projets, opposés aux connus ou meilleurs que ceux connus.
Et dans l’histoire que nous vivons, cela correspondrait à la logique de la révolution industrielle, de la compétition économique. Si nous observons notre planète actuellement, ne serions-nous pas en train de nous approcher d'un extrême de l'application de cette loi de changement quantitatif produisant changement qualitatif, du genre, beaucoup produire pour une meilleure survie, (regard individuel) qui se finirait en moins bonne survie?